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Journée de colère sociale : les manifestations commencent en France
information fournie par AFP 05/11/2026 à 12:36

Manifestation à Marseille le 5 novembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Manifestation à Marseille le 5 novembre 2026 ( AFP / Thibaud MORITZ )

Dans un automne social déjà très chaud, plusieurs milliers de personnes ont commencé à manifester jeudi matin en France, à l'appel des syndicats qui réclament des hausses de salaires et une amélioration du pouvoir d'achat, et avec le soutien des étudiants et des lycéens, de nouveau mobilisés devant des établissements.

"Urgence sociale, urgence climatique" ou encore "Hôpital en danger". A Perpignan, 3.500 manifestants, selon la police, 6.000 selon la CGT se sont rassemblés en matinée. Clermont-Ferrand recense sa plus forte mobilisation de l'automne (5.200 personnes selon la préfecture).

"Ça fait trois semaines qu'on se mobilise et c'est complètement stérile, il n'y a aucune prise de conscience de ce qui se passe, on voit juste les casseurs et des poubelles qui brûlent", déplore Raphaël, agriculteur de 50 ans, venu manifester avec ses enfants à Bayonne. Il n'a pas souhaité donner son nom de famille comme la plupart des personnes interrogées jeudi.

Tandis qu'à Lyon des tensions sont apparues en tête de cortège, à Marseille, Léa, 31 ans, "en a ras-le-bol de compter son argent". "Ce mouvement social donne espoir, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça", estime l'assistante sociale.

Ce premier appel depuis la rentrée à rassembler secteur public et privé voit se rallier lycéens et étudiants (avec des tentatives de blocages comme à Strasbourg, Marseille ou Bordeaux), les gilets jaunes (qui ont relancé les protestations contre la vie chère depuis trois samedis) mais aussi, entre autres, les agriculteurs de la Confédération paysanne.

A Vincennes, en banlieue parisienne, l'accès au lycée Alice Milliat a été bloqué dès l'aube par des poubelles amassées par une cinquantaine d'élèves. "Même nous, alors qu'on est un des lycées les plus favorisés de la région, on n'a pas d'infirmière", souligne Aglaé, 16 ans, en première.

Manifestation à Nantes le 5 novembre 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Manifestation à Nantes le 5 novembre 2026 ( AFP / Sebastien Salom-Gomis )

Dans le coeur de Paris, des dizaines de lycéens se sont massés rue de Rivoli, faisant face à un important dispositif policier. Catherine, 61 ans, professeure d'histoire-géo est présente depuis le petit matin avec une dizaine de professeurs pour "veiller à ce que (les lycéens) soient le plus en sécurité possible".

Près d'un millier de lycées sont bloqués ou fermés administrativement, selon le Snes-FSU, principal syndicat du second degré, quand Matignon n'en décompte que 81 sur les 3700 du pays. Près de 16% des enseignants sont en grève, dénombre le ministère de l'Education.

Dans l'Enseignement supérieur, 33% des établissements sont "perturbés" selon le ministère, soit 60 sur 184. L'Union étudiante recense elle, "90%" des quelque 70 universités de France "mobilisées", c'est-à-dire bloquées ou fermées.

"Vivre dignement de son travail"

"On a envie de dire qu'on veut vivre dignement de notre travail", a plaidé sur RMC-BFM TV Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, un message lancé tant à l'Etat qu'aux employeurs.

Les autorités attendent 500.000 à 700.000 personnes hors de Paris et 40.000 à 80.000 personnes dans la capitale.

Mercredi soir, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mobiliser 70.000 policiers et gendarmes, promettant "une réponse d'une extrême fermeté" aux éventuels "débordements".

"Ce n'est pas avec des mesures sécuritaires qu'on va mettre fin aux manifestations, c'est en répondant aux revendications", a critiqué sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, évoquant 260 manifestations prévues.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre à Lyon le 5 novembre 2026 ( AFP / Olivier CHASSIGNOLE )

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre à Lyon le 5 novembre 2026 ( AFP / Olivier CHASSIGNOLE )

Si à Angoulême aucun bus ne circule, dans les transports franciliens, les perturbations restaient limitées. A la gare Montparnasse, Jeanne, psychologue qui ne souhaite pas donner son nom de famille, attendra quatre heures avant d'arriver à Tours mais se montre compréhensive : "C'est pénible de se lever tôt, d'attendre, et de voir son train annulé, mais c'est normal qu'il y ait grève, il faut qu'il y ait grève".

Les syndicats demandent une revalorisation du Smic, qui n'a pas connu de coup de pouce depuis 2012, une augmentation de l'ensemble des salaires, davantage de justice fiscale, une préservation des services publics, et toujours de meilleures conditions d'études pour les jeunes.

Le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous a évoqué sur franceinfo l'annonce " probablement demain" (vendredi) d'une "mesure sur le Smic".

"Augmenter les charges ou augmenter les salaires, il faut choisir !", ont prévenu, dans une tribune publiée dans les Echos, les fédérations patronales, alors que le projet de budget 2027 a été rejeté mercredi par l'Assemblée nationale.

Bras de fer sur les parcours

Après des manifestations émaillées de violences et d'affrontements avec les forces de l'ordre, en particulier le 17 octobre, cette journée de mobilisation s'accompagne de protestations sur des atteintes alléguées à la liberté de manifester, face aux interdictions dans plusieurs villes de défiler dans certaines parties des centres-ville, comme à Toulouse, Bordeaux, Lyon, Strasbourg.

A Paris, le cortège reliera finalement la place de la République à celle de la Nation, après un bras de fer judiciaire perdu par l'intersyndicale contre la préfecture de police.

12 commentaires

  • 13:24

    Dans une UE qui détruit ses emplois par un coût de l énergie trop élevé , une UE qui rend tjs plus cher le coût de la construction : normes , bureaucratie , une UE qui demande le retrait du marché de logements qui ne répondent pas aux normes , dans une UE qui ne construit au final pas assez et qui a décidé de recevoir de jeunes étrangers en quantité 4 millions par an. ... ça ne peut que mal se passer


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